Facebook : le point central de votre présence en ligne…erreur!


Vous avez pu le voir, certains sites web qui se veulent « à jour », « au fait des dernières tendances », « Web2 », « In », proposent une panoplie bien établie de gadgets web (couramment appelés « Widget » qui signifie Window Gadget et non Windows Gadget comme on peut lire ci et là), permettant de partager l’information avec ses amis via différents services web (réseaux sociaux, email, print). Ces mêmes sites s’ils permettent aux visiteurs de s’enregistrer, peuvent parfois proposer un bouton « Facebook Connect » ou « Twitter Connect ». Ceci présente le gros avantage de pouvoir s’enregistrer sur un site, sans avoir à passer par la rébarbative étape de remplissage de formulaire d’enregistrement. De fait, dès que la connexion est établie via le compte Facebook, les sites web récupèrent automatiquement les informations entrées sur le fameux réseau social (photo, nom, prénom).Du point de vu de l’expérience utilisateur, c’est simple, rapide efficace. Du point du site web qui propose cette option, supprimant le passage à « l’état civile », il voit le nombre d’inscriptions à son site décupler puisque l’authentification est rapide et très précise.

C’est d’autant plus intéressant que l’on a l’impression que tout devient simple et standardisé. Uniforme, compatible pourrait-on dire. On voit du Facebook sur Facebook, mais également sur son site communautaire préféré. De plus en plus de gens utilisent Facebook, comme s’il était le seul service Internet (on y discute en live, en messagerie, en forum, on y partage des photos et des vidéos). A croire que Facebook est devenu la fenêtre avec vu sur le monde.

Bref, c’est un choix. Mais ceci a malheureusement un prix. Je m’explique.
Partons du point de vu du site web utilisant le service Facebook Connect (le tableau que je dresse ici est valable au moment où j’écris ces lignes).

  • Si ce service disparait (oui oui c’est possible!), l’ensemble de ses utilisateurs disparaitrons!
  • Si Facebook modifie ses conditions d’utilisation et que celles-ci ne plaisent pas aux responsables du site web, que se passent-il ? Ils enlèveront la possibilité de se connecter via son compte FaceBook et dans cas, ils perdront tous les utilisateurs de sont site.
  • Avec ce système, il n’est pas possible pour le moment d’avoir d’autres informations que les nom, prenom, photo, et (peut-être) geo-localisation. Pas d’age, sexe, adresse email, profession, hobbies etc…, informations indispensables à la capitalisation d’une base de données d’utilisateurs.
  • Ceci revient à déléguer entièrement l’identification à Facebook et faire peu de cas, de la politique de confidentialité de service.
  • Pas de possibilité non plus donc, de faire un e-mailling depuis la base des utilisateurs (puisqu’elle est pratiquement vide). Il existe surement d’autres « point noirs », mais voilà ceux qui me viennent à l’esprit.

D’un point de vu utilisateur donc :

  • Facebook, transmet vos quelques informations tels quels sans que vous puissiez les filtrer ou les modifier (sauf si le site sur lequel vous vous connectez vous le permet).
  • Chacune de vos actions est surveillée, enregistrée et envoyée sur…Facebook : idéal pour connaitre encore plus sur vos usages de l’Internet et pouvoir vous profiler.
  • Laisser cette société, dont le but premier par nature est de faire de l’argent, gérer totalement son identité en ligne, reviens à avoir sur soi un mouchard qui analyse et transmet tout ce que l’on fait (commentaire de blog, mise en ligne de photo de vacance, publication de vos blog pro/perso, liste de ceux que vous connaissez, des pub sur lesquels vous cliquez, les messages que vous recevez, etc…) à une Haute Autori… à une entité commerciale et que l’on aurait installé nous même.
  • En utilisant votre compte Facebook partout, par flemme disons-le franchement, c’est comme si vous permettiez à l’Etat français d’installer un mouchard sous votre peau (car ce compte n’est pas lié à un ordinateur en particulier mais à une personne), afin qu’il puisse être sûr que vous n’êtes pas un pédophile « multirécidiviste chevronné (© Francis Delattre et Sébastien Meurant, maires UMP dhttps://serenityreport.wordpress.com/wp-admin/post-new.phpe Franconville et Saint-Leu-la-Forêt (Val-d’Oise)) ».

Poursuivons.
Sur son blog Facebook a annoncé son intention d’ouvrir sa base de données (en partie tout du moins) de manière automatique à des sites approuvés comme étant sûr (traduction : des partenaires commerciaux). Pour être plus claire : imaginez que vous cliquez sur l’adresse d’un site web que vous visitez pour la première fois et que vous êtes en même connecté à Facebook via un autre onglet ou une autre fenêtre. Surprise! Le site web que vous découvrez pour la première fois, sais tout de vous : nom, prénom, photo, age, sexe, si vous êtes en vacances, votre domaine d’activité, où vous vous trouvez physiquement (géolocalisation), le nom des membres de votre famille, ceux de vos amis etc.. Tout ce que vous avez pu mettre sur Facebook.

il existe un autre service permettant de s’authentifier de manière unique en ligne : OpenID. Il en existe d’autre bien entendu (Google, Yahoo, etc…).

Quand je me connecte sur un site avec Facebook, et qu’on me demande l’autorisation de donner un accès intégral à mes données personnelles à ce site, je trouve cela particulièrement intrusif (un site web, n’a pas à connaitre sur moi des choses que je ne lui aurait pas donné de moi-même). Mais dans le cas, où cette transmission d’informations se fait de manière transparente, c’est pire encore, car l’internaute ne le sait pas (sauf s’il lit les messages d’avertissement, ou les CLUF (Contrat de Licence de l’Utilisateur Final), mais on s’est tous très bien que personne ne les lit, moi le premier).

L’identification universelle est une chose formidable, car elle est simple et pratique. Mais confier notre identité numérique (car c’est de cela qu’il s’agit) à une entité commerciale n’est pas très malin, n’oublions pas que derrière ce jolie logo bleu, se trouvent des cols blancs qui se fichent royalement de la vie privé des gens.

Utiliser Facebook comme unique identité numérique revient à confier aux magasins BUT la gestion des cartes nationales d’identité!

Si vous trouvez l’authentification universelle séduisante, optez pour OpenID qui est géré par une fondation à but non lucratif. En gros, c’est comme Facebook Connect (ou Twitter Connect), sauf que vous avez un réel contrôle sur ce que vous partagez (c’est vous qui devez déclarer quel site est autorisé à savoir qui vous êtes). C’est par ex. ce que l’administration en ligne américaine utilise. En outre, si vous êtes informaticien (ou que vous en connaissez un), vous pouvez monter votre propre serveur OpenID, ce système étant décentralisé, cela vous est permis.


Pour l’Europe voici ce que l’on trouve sur Wikipedia concernant OpenID :

OpenID Europe, a été établie en 2007. Il s’agit d’une organisation internationale à but non-lucratif (AISBL – Association Internationale Sans But Lucratif – selon la loi belge) dont la mission est de soutenir et d’organiser le développement du modèle OpenID en Europe et de gérer sa propriété intellectuelle. Elle dispose d’un membre (personne physique) représentatif dans chaque pays européen mais va permettre à quelques entreprises de siéger à son directoire.

Si vous doutez du sérieux de cette offre, sachez que parmi son conseil d’administration siège IBM, Google, Yahoo et Microsoft.

Résumons OpenID : maîtrise de ce que vous divulguez sur vous, système décentralisé, lié à aucun entité commerciale, possibilité de faire son propre service d’authentification maison et reconnu par tous : on peut dire qu’OpenID ressemble d’avantage à ce qu’est l’Internet qu’un identifiant Google, Facebook ou autre.

La biodiversité, c’est comme l’Internet, ça n’est pas l’uniformisation, la centralisation, la restriction et le payant, c’est tout le contraire : la variété, la décentralisation, la liberté et le gratuit.

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3 réflexions sur “Facebook : le point central de votre présence en ligne…erreur!

  1. Très bon article, assez clair et édifiant en même temps.
    A un moment tu dis que l’inconvénient de FB Connect pour le site marchand, c’est l’impossibilité d’enrichir sa base de données car il ne maîtrise pas les infos qu’il souhaite obtenir… Mais via FB Connect il récupère de la main droite ce qu’il a perdu de la main gauche, et bien plus encore ! Comme tu l’expliques d’ailleurs.

    • Salut Frangin,
      oui en effet, je n’ai pas été très claire sans doute.
      Les limites exposées en première partie du post se reporte à l’état actuelle de la solution.
      Quand j’aborde l’ouverture de la base de donnée FB, il s’agit ici d’une fonctionnalité future (proche) pour l’Europe et sans doute est-elle déjà disponible pour le marché américain uniquement pour le moment au moment où j’écris ce commentaire.
      Un point que je n’avais pas abordé concernant ce billet : utiliser FB Connect en tant que première étape d’inscription sur un site (nom, prénom et photo), moyen plus efficace que le formulaire vierge pour l’enregistrement sur un site web.
      Le souci c’est qu’après l’identification se fait toujours via FB Connect et donc on retombe sur le problème de dépendance vis à vis de FB et que faire s’il disparait un jour.

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