Qui influence qui en entreprise ?

Qui influence qui en entreprise ?

Avec les bouleversements que connait notre société depuis quelques années et avec la présence grandissante de l’Internet dans le quotidien de tout un chacun, quel est la place de l’entreprise dans notre vie ?

Aujourd’hui, l’univers de l’entreprise n’est plus clairement cloisonné et nous n’hésitons plus (tout du moins dans le tertiaire) à mélanger vie privée et vie professionnelle. En effet, nombreux sont ceux, qui le week-end, travaillerons même un tout petit peu ou utiliserons la connexion Internet de leur entreprise pour réserver un billet de train, une vidéo, surfer pour se tenir au courant des nouveautés de son secteur ou simplement pour le plaisir de découvrir de nouvelles informations.

La place grandissante des nouvelles technologies dans la sphère privée et professionnelle engendre des bouleversements liés justement à l’usage de ces technologies. La relation que peut entretenir l’entreprise avec ses employés est plus floue et plus étroite. Il en va de même pour ses autres partenaires (les fournisseurs/les clients). Tout cela est le résultat de la formidable offre de moyens de communication (email, réseaux sociaux, instant messenging) que nous offrent aujourd’hui les technologies de l’information et de la communication.

Face à ce constat, l’entreprise doit impérativement se poser certaines questions. Notamment, de quelles natures doivent être les relations qu’elle entretien avec son personnel. Quelles sont les meilleurs pratiques à adopter pour séduire les profiles qu’elle convoite et entretenir le lien qu’elle a avec ses employés. Aujourd’hui, il est tout a fait acceptable qu’un salarié ait accès à sa messagerie professionnelle via le webmail de son entreprise, voir via son smartphone (iPhone Blackberry etc…). Il n’est plus question de réserver cette fonctionnalité à quelques cadres situés très haut dans la hiérarchie. Ces nouvelles pratiques soulèvent des questions fondamentales : quelle politique de sécurité adopter (DSI), comment faire pour avoir un team building efficace (Management), ou encore comment améliorer son image et ses relations clients (DRH, Communication) :  en d’autres termes comment faire pour que l’entreprise vive avec son temps.

Loin de moi, l’idée de répondre ici (ou ailleurs) à ces questions. Cependant, j’aimerai aborder ce sujet d’un point vue particulier : finalement qui influence qui en entreprise ? Et derrière cette question, la hiérarchie classique, la vision patriarcale classique du management, peut-elle encore s’imposer à l’heure du participatif, du temps réelle, du multi-canal ? A l’heure où la frontière entre vie privée et vie publique est de plus en plus floue, le « management à papa » peut-il encore fonctionner ?

Quand on regarde des entreprises telles que Google par ex. l’esprit générale, très américain, qui y règne répond à une dynamique « startup » (nous dirons aujourd’hui web2.0 ?) : le personnel voit son travail comme partie intégrante de sa vie (en tant qu’être humain). Résultat : les gens sont plus impliqués et travaillent plus. Ils sont plus épanouis dans leur activité car ils voient, à travers le succès de leur projet au sein de l’entreprise, leur propre succès. Certains diront, qu’ils se sentent investi d’une mission : innover pour rendre l’usage de l’Internet plus humain, plus intuitif. Cela a permis notamment la sortie de certain des produits phares de la firme (Gmail ou Google Earth par ex.).

Finalement, donner sa chance au personnel de s’exprimer à travers son travail peut être particulièrement payant pour l’entreprise (dans la mesure, où sa vision correspond à cette dernière). Nous nous retrouvons face un constat remarquable : ce que propose l’entreprise, n’est plus seulement le fruit du département R&D ou Marketing, mais celui de sa masse salariale dans sa globalité. Donner aujourd’hui les moyens au personnel de s’investir d’avantage dans son entreprise, c’est lui faire confiance. Le faire participer : voilà le maître mot aujourd’hui.

Je ne suis pas manager et je n’ai qu’une formation de développeur, mais voici ce que je ressens. Brider son salarié dans ses élans spontanés créatifs (petits clin d’oeil à fluide glacial), ne pas suivre le mouvement du web social (et tout ce que cela implique) est une grossière erreur qui peut mener à la perte de compétence. L’employé (ingénieur ou commercial) imaginatif se sentant freiné dans ses élans, se retrouvant face à une hiérarchie « old school » ou complètement déconnecté du monde actuel, fera ce que toute personne sensé peut faire face à ce genre de problème : partir. Et avec lui, ses compétences. Si elle souhaite conserver ses meilleurs éléments, elle doit se laisser dans une certaine mesure influencer par le personnel : faire preuve de souplesse dans son management, c’est garantir des employés acquis à la cause de l’entreprise.

L’entreprise qui souhaite s’adapter pour répondre aux nouvelles pratiques en matière d’IT, doit garder en tête l’idée qu’il ne s’agit plus que  d’informatique. L’influence que le web a sur nos sociétés, n’est plus seulement lié aux technologies mais de plus en plus aux usages! Voir un site web comme un « truc » qui nous permet uniquement d’assurer la présence d’une plaquette visible par tout le monde est typiquement le résultat d’un manque profond d’introspection au niveau de la politique globale de gestion de l’entreprise. Je pourrais dire même qu’il s’agit d’un décalage totale entre « le bas » et « le haut ». Voir Youtube comme un endroit où les gens postent et regardent que des vidéos pour s’amuser, ou bloquer l’accès à certains réseaux sociaux, c’est ne rien avoir compris aux enjeux du web et de son impact dans nos vies (privées et professionnelle).

Au-delà de l’aspect purement média, du web, il faut que l’entreprise saisisse une chose : ce que le web nous prépare demande d’avantage de réflexion qu’il n’y parait.



L’immersion du web dans le monde physique (ou offline), suppose que s’offre à tout un chacun une approche nouvelle de la réalité telle que nous l’appréhendons aujourd’hui. Il s’agit d’un nouveau monde qui s’ouvre à nous et cela à pour conséquence directe (entre autre), la remise en question des métiers (du web ou non). Comprendre cela et amener une réflexion sur le sujet représente le défi des DRH aujourd’hui. L’entreprise avait pour habitude d’évoluer dans un monde totalement hermétique et très bien balisée. Aujourd’hui, la frontière qui sépare l’entreprise et la sphère privée disparait peu à peu. Demain, les média, les divertissements, les marques envahiront nos vies de manière transparente via la réalité augmenté, le professionnel investira la sphère privée et publique. Nous aurons des outils de surveillance de nos comportements les plus intimes et les plus évidents. Le offline et le online s’embrasserons, nous parlerons d’immersion. Nous influencerons l’entreprise tout comme elle nous influencera..


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